Le Feu des Odes de Kytano

  • « Tu verras papa, un jour je sera grand »


    Il l'était,
    Aujourd'hui,
    Grand.


    Du moins avait-il franchit les années une par une, dans l'onde lucide du mot...
    Jour après jour, à narrer le monde au monde, à gommer les fautes, effacer les erreurs, enjoliver les vérités, les rendre aimables... Chaque moment passé à créer ces mondes en traversant le sien, sans rien voir, sans goûter au sucré de la sève de certains arbres, sans rien savoir de l'heure qu'il était. Comme un pilote, au volant d'une autre histoire, pour des passagers inconnus, en mal d'aventures...


    Encore une fois de plus, de trop peut-être... Mais nul n'aurait su l'empêcher de poursuivre, plume d'Aigle aux doigts, encre épaisse et lisse, le crissement de la plume sur la feuille séchée, le parchemin sacré, le rythme de l'histoire qui cogne son tempo, « en voituuuure » les lecteurs s'entassent dans les wagons invisibles et attendent le départ... Ce moment où vous plongez votre astral dans une autre dimension, éthérique, onirique... Chaque sens en éveil, à suivre les routes d'une aventure nouvelle...


    Et cela commence parfois par le même mot, la même phrase...


    Il était une fois...


    Et puis tout commence...


    Voici le feu brûlant des odes, le coin tout chaud et jaune, l'ombre du mot et de la fleur...L'ombre de l'ombre quand la lumière se fait, sur ce qui se raconte et se partage... Oyez jeunes citoyens du monde, Kytano est là qui veut vous dire le bonjour et le bonsoir, avec force écriture et grandes histoires !!! Posez vos fessiers, écarquillez vos mirettes, ouvrez vos esgourdes et motus à vos baveuses, laissez vous emporter... Le Feu des Odes vient de s'allumer....



    La Trace



    Ne me dis rien, De ton chemin
    Ne me dis rien, Je le sais bien
    Ne me dis rien, Si dans tes mains
    Tous les refrains, Ont un parfum...

    Mais dis-moi tout, Quand tu reviens
    Mais dis-moi tout, Je ne sais rien
    Quand tous les fous, Tapent dans leurs mains
    Et que partout, Est un refrain...

    Et si le chemin est une trace
    Un creux de pied qui se prélasse
    Une ritournelle qui se ressasse
    Ou un refrain que l'on efface
    Et si le chemin te dépasse
    Reviens au début de ta trace...

    Si tu ne me dis rien
    Si tu me dis bien tout
    Tu changeras le refrain
    Au parfum d'amour fou...

    Ne me dis rien
    De ton chemin
    Ne me dis rien
    Je le vois bien...
    Je le vois bien...


    (texte écrit pour une battle proposée par modours... Cf Taverne/Battle)

    Enjoy :oops:


    Légende 2019

    legende.jpg

    Je garde mes sourires pour la fin...
    Jendorline :saint:

    Post was edited 5 times, last by Kytano ().

  • C'est toujours un bonheur de s'attabler avec toi dans un recoin de la Taverne, là où les fumées de l'ivresse verbale déploient leurs volutes ensorceleuses, d'écouter avec toi le temps qui passe, les soupirs du plancher, de partager avec toi ces moments indicibles de poésie...

    Ex-Modérateur de la Taverne: bénévole de 2010 à 2016. Nouvel antre: ensemble.forumsactifs.com (voir Cantabile)



    signat11.jpg


    Merci à Zuzu pour la mise en page de mon dessin
    Je n'en démordrai pas: je suis vraiment convaincu que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis.

  • Je vois


    Des paysages et des routes,


    Des forêts et des lacs,
    Des masures et des villes,


    Je vois


    Des paysans, des soldats,


    Fils de rien, fils de rois,
    Des gens multicolores, blancs,


    Je vois


    Des danseurs immobiles


    Dans leur conte, leur légende,
    Des voleurs, des pilleurs, des fées
    Dans l'histoire qui défile,


    Je vois


    L'encre floue d'un mot


    Le papier gras d'une idée
    L'aube et le crépuscule
    Comme rideau invisible,


    Je vois


    Des batailles et des fêtes,


    Des victoires impossibles,
    D'innombrables défaites,
    Aux épilogues fragiles,
    Des moments de doutes
    A l'aveugle pensée
    Aux embruns des routes
    De nos vagues sourires...



    Je vois enfin,



    Les armes brandies



    Et les drapeaux au vent...




    :oops:


    Légende 2019

    legende.jpg

    Je garde mes sourires pour la fin...
    Jendorline :saint:

  • Kytano tu es un visionnaire extatique qui, faute de chat, ferait parler des montagnes pelées mais parturientes et des souris, entrainées dans une folle sarabande...

    Ex-Modérateur de la Taverne: bénévole de 2010 à 2016. Nouvel antre: ensemble.forumsactifs.com (voir Cantabile)



    signat11.jpg


    Merci à Zuzu pour la mise en page de mon dessin
    Je n'en démordrai pas: je suis vraiment convaincu que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis.

  • Je me souviens de ces marins, bouteille au ceinturon, qui dévalaient les rues pavées du port de Sète. S'arrêtant souvent aux terrasses des cafés et riant avec force sur les blagues des copains. Ces marins-là qui se battaient encore à l'aube, pour de sombres bêtises à propos d'une femme oubliée...


    Je me souviens du tumulte, de certains vacarmes de caisses que l'on empilent et les cris des dockers au travail. Le bruit sourd d'une grue, d'un engin de levage, le claquement d'une porte ou la fureur d'une sirène. Tout ce qui fait d'un port, un havre de vie. Et l'ouvrière, à l'emporte pièce, à débiter les ronds de cuir servant à faire des bourses, cousues main, que les touristes s'arrachent.x.gif


    Je me souviens aussi de ces dimanches, à l'abris d'une crique, à refaire le monde à grand coup de châteaux, creusant les routes à même le sable. De ces cris de mouettes, le ressac et le crissement de nos pas. A la découverte des cavernes du bord de mer. x.gif


    A toutes ces rues invisibles, ces chemins de traverse, à tout ce qui se dessine en ligne, se trace en pointillés, au contours de nos routes, à cette écriture du conte, à toutes ces choses qui nous emportent, qui nous transpercent, à vous un peu de temps offert.x.gif


    Je me souviens de ces marins, bouteille au ceinturon, qui s'endormaient sur le pavé des rues. La femme oubliée pour de bon et le silence peu à peu qui permet enfin au monde de se réveiller.


    Et encore, quand je dis "je me souviens", j'invente un peu, j'affabule, à l'heure des marins du port, moi je dors encore.x.gif



    Enjoy :oops:


    Légende 2019

    legende.jpg

    Je garde mes sourires pour la fin...
    Jendorline :saint:

    Post was edited 1 time, last by Kytano_FR ().

  • Avec toi on s'envole sur les rives du rêve qui telles le ruban de Möbius se déroulent si proches et sans jamais se toucher, port d'Amsterdam mâtiné de Jacques Brel, parfum des garrigues et gouaille pagnolesque, un zeste de Brassens pour la touche sétoise, le tout ciselé de ta plume si caractéristique pour produire une telle eau-forte...

    Ex-Modérateur de la Taverne: bénévole de 2010 à 2016. Nouvel antre: ensemble.forumsactifs.com (voir Cantabile)



    signat11.jpg


    Merci à Zuzu pour la mise en page de mon dessin
    Je n'en démordrai pas: je suis vraiment convaincu que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis.

  • On dit que le jour se lève, un peu forcé, quand la nuit se retire...
    Que les tavernes ferment quand elles sont vides.
    Que les pêcheurs ne reviennent qu'une fois leurs nasses pleines.
    On dit aussi que les hommes ont appris à maîtriser tant de choses...
    Qu'il sont su inventer les routes et les ponts.
    Les châteaux et les histoires qui les habitent...



    On ne dit rien du reste.
    De cet autre monde qui navigue tout près.
    Là où personne ne regarde, là où personne ne va.
    Cet univers complexe qui fait des anneaux et des épées...
    Des princes et des voleurs...
    Des princesses et des catins...



    Les contes et légendes, se racontent à la tombée de la nuit.
    Au crépitement d'un bois qui brûle à même le sol.
    Ces mêmes contes qui bercent les enfants qui n'ont pas sommeil...
    Qui rythment le monde. Permettant le rêve et l'ambition.
    Autorisant les hommes à se bâtir des empires impossibles.
    C'est encore eux qui font l'essence de nos regards.
    Eux qui font pétiller nos paysages et voler nos mirages...








    Il pleut !



    Je griffonne encore un peu, histoire de ne pas oublier. «Tuer le temps»comme ils disent. Comme si le temps pouvait mourir ! Cela faisait deux heures que j'étais là. Depuis le dernier bombardement, l'exode avait vidé les dernières maisons, fermé les derniers commerces...La ruelle était déserte. Deux mois que la ville avait perdu son âme, son vacarme laissant la place aux intempéries. Le vent se chargeant de donner un semblant de vie, de faire battre les volets oubliés, courir les papiers abandonnés. Deux mois de vide d'une ville fantôme qui, jadis, fourmillait dans ses artères. Je me sentais seul.



    Les premières semaines avaient été consacrées à la recherche de quelqu'un d'autre, d'une âme. Chaque jour, je choisissais une boîte aux lettres, -au hasard- afin d'y percevoir les derniers courriers encore intacts. De nombreuses factures, une myriade de publicités,quelques courriers «officiels» d'une administration et puis, mon nectar, ma quête quotidienne, tous les moments d'intimité de tous ces gens que je ne connaissais pas avec leurs courriers plus«personnels», des lettres d'amis, quelques lettres d'amour, un mot lapidaire relatant l'histoire d'une maison, réclamant une part d'un trésor familial, quelques lettres d'injures, des actes notariés où le partage d'un patrimoine ne serait jamais effectif... A chaque fois, j'espérais trouver un courrier «récent», une trace de passage, quelque chose... Au bout de trois semaines, j'étais entré dans plus d'une centaine de mondes, une centaine de maisons, des petites avec jardin, des grandes sans portes, des maisons de maîtres,de grands immeubles, à chaque fois une frénésie s'emparait de moi,«et si je rencontrais quelqu'un ?»... Mais rien ni personne.



    Résigné,j'avais fini par ouvrir les boîtes aux lettre par automatisme, sans même prêter attention aux contenus qui me faisaient vibrer quelques jours auparavant... J'avais même poussé le vice jusqu'à ouvrir des boîtes aux lettres déjà visitées... Des fois que... C'est là qu'hier, alors que je faisais ma ronde quotidienne tel un «facteur inversé», l'impensable se présenta devant moi. «Cette boîte devrait être vide !» Pourtant, quelqu'un était passé ! Un petit morceau tout gris, papier épais légèrement froissé, brûlé peut-être, ses bords étant chaotiques... Quand je l'eus dans les mains, je réalisais qu'il s'agissait plutôt d'un morceau d'étoffe,toile de jute dont on faisait les sacs de grains à une certaine époque... Tracé au fusain, une sorte de plan, des inscriptions étranges, quelques chiffres... Cela n'avait aucun sens ! Le premier signe d'une présence était incompréhensible ! Fébrile, j'ouvris une seconde boîte, une troisième puis une quatrième... A chaque fois, le même morceau d'étoffe ! Les mêmes inscriptions !



    Après quelques instants je décidais d'inspecter le morceau sous toutes ses coutures... On aurait dit un plan, une adresse, un lieu de rendez-vous quelque part en ville... C'est ici, dans cette ruelle,que j'étais arrivé... Le vent redoublait de violence, la route était immaculée, anthracite... Et toujours personne !




    • Enfin !



    La voix m'avait surpris. Une femme s'avançait dans ma direction. A la main, un morceau d’étoffe semblable au mien. Elle me fixait du regard.




    • Enfin ! Disais-je..
    • Je... vous... Mais je... Enfin le...
    • Surpris ? Cela fait deux mois que je déambule dans cette ville, à la recherche de quelqu'un ! J'avais perdu espoir... Et puis, j'ai eu l'idée de ce petit mot... Je me disais qu'avec un peu de chance quelqu'un le trouverait... Si quelqu'un était dans le coin..
    • Deux mois ! Deux moi que je cherche ! Comment c'est possible ? Comment ne pas s'être croisé ne serait-ce qu'une seule fois ?
    • Je pense que nous nous sommes suivis, sans le savoir...
    • Suivis ? Quand je restais des heures entières sur place ? Vous ? Que faisiez-vous ? Vous me suiviez immobile ?
    • Je..



    On dit que les hommes ont appris à maîtriser les choses...
    Et les histoires qui les habitent...


    Légende 2019

    legende.jpg

    Je garde mes sourires pour la fin...
    Jendorline :saint:

    Post was edited 3 times, last by Kytano ().


  • Les bals rétros


    J'en ai connu des bals taquins


    Des bals atomes et des coquins
    J'ai bien connu les bals rétros
    Qui ne visaient jamais bien haut
    Puis j'ai voulu aussi me voir
    Dans le reflet d'un grand miroir
    J'y ai vu la foule en réflexion
    Tourner encore à l'unisson...


    J'en ai connu des bals musettes

    Des balluchons, des bals champêtres
    J'ai bien connu les bals "hasards"
    Où les copains allaient en foire
    Dans les bals cons y a la baston
    Pour les Gastons et les Ritons
    Qui finissaient tous au violon
    L'histoire ne dit pas où ils sont...


    Demoiselle veux-tu danser ?
    Un pas de deux, yeux dans les yeux,
    Toi et moi rien que nous deux...


    Demoiselle veux-tu tourner ?
    Autour de moi je te tiendrais
    Avant de te raccompagner...


    Mon grand miroir est minuscule

    Sur le coté d'un véhicule
    Il ne reflète plus rien de moi
    Ne me raconte plus d'histoire,
    L'histoire des bals du samedi soir
    Quand on allait là-bas en foire
    Quand on oubliait nos semaines
    Noyés dans l'eau d'une vie à peine...


    Demoiselle veux-tu danser ?
    Un pas de deux, yeux dans les yeux,
    Toi et moi rien que nous deux...


    Demoiselle veux-tu tourner ?
    Autour de moi je te tiendrais
    Avant de te raccompagner...


    Avant qu'tu m'fasses entrer...
    Pour toujours à jamais...


    :oops::oops::oops:


    Légende 2019

    legende.jpg

    Je garde mes sourires pour la fin...
    Jendorline :saint:

  • Dans mon jardin, il y a des fleurs.
    Pas des qu'on coupe, non.
    Des qu'on regarde pousser.
    Qu'on hume parfois.
    Qu'on laisse aller...
    De toutes les tailles, de toutes les couleurs, des grosses et des petites...
    Des fleurs qui durent...
    Et d'autres pas...

    Quand le soleil est là on voit des colonnes d'insectes volants...
    Des butineurs, des piqueurs, des enfouisseurs, des gardes de secteur, des insectes bizarres..
    D'énormes papillons qui virevoltent sans bruit...

    Évidemment ces rondes multicolores amènent d'autres danses.
    Les mésanges et les moineaux affluent, quelques pies tentent aussi leur éternel chapardage...
    Une famille de pigeons a grandi à l'abri des Ifs et des merisiers...
    Les feuilles s'envolent à chaque petite brise.
    Déplaçant leur tapis mordoré au caprice des courants.


    Dans mon jardin, il y a des fleurs.
    Ce simple constat suffit.
    Le monde est ainsi fait, qu'il parvient à n'exister qu'en fonction d'un autre monde.
    Une feuille de papier qui invente une encre et une plume.
    Le monde des oiseaux qui emmène des trésors d'une parcelle à l'autre.
    La surprise, parfois, quand trône un arbre, une plante qu'on n'avait pas prévu...
    Et puis, le potager...

    Le potager !
    Des choux démodés, des légumes inconnus, des chemins de fourmis qui renferment la graine...
    Et quand le chemin se fait plus sec, on arrive à la porte.
    La porte du royaume...
    Une statue passiflore qui nous ouvre son monde.
    Le crissement de mon pas, les noyaux de cerises au sol.
    Ce petit rythme lent qui nous accompagne.
    L’œil aux aguets, décelant la moindre brindille, repérant les germes fatigués, endormis.


    Dans mon jardin, j'y suis bien.
    Les moments de pur bonheur quand au détours d'un buisson, je découvre la fraise.
    Mûre et belle.
    Sucrée à souhait.
    Qui envoie son étincelle humide à mes doigts quand je la prélève...


    Le temps.
    C'est le temps qui manque.
    Qui manque surtout pour tout raconter, tout voir, tout faire...
    Je reviendrais demain. Soyez-en sûrs !
    Y voire éclore une nouvelle fois les fleurs de mon jardin.
    Les regarder encore...


    Pousser...



    Enjoy :oops:[B]
    [/B]


    [B]
    [/B]


    Légende 2019

    legende.jpg

    Je garde mes sourires pour la fin...
    Jendorline :saint:

    Post was edited 1 time, last by Kytano ().

  • Nous voilà entraînés dans le jardin d'Eden (tu es trop jeune pour que je parle de potager...) et ne va-t-on pas y rencontrer la nouvelle Eve au détour d'une allée, croquant la vie à pleines dents?
    Poésie, poème en prose, prose poétique... peu t'importe ! L'essentiel pour toi est que vibre la corde de ta lyre tandis que se répandent dans l'air environnant parfums, caresses du temps, couleurs, saveurs, musique des mots et du silence.

    Ex-Modérateur de la Taverne: bénévole de 2010 à 2016. Nouvel antre: ensemble.forumsactifs.com (voir Cantabile)



    signat11.jpg


    Merci à Zuzu pour la mise en page de mon dessin
    Je n'en démordrai pas: je suis vraiment convaincu que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis.


  • A l'eau des fontaines coule la source, claire et fraîche, limpide.

    A la gorgée rapide du détours d'un chemin, jusqu'au porteur d'eau et nos soifs sans limite...


    A la coupelle, au calice, au creux des mains, boire son soûl, sa désaltérance...


    A cet endroit humide de mousse ou de perles, à la nacre du temps qui s'écoule, à nos cascades multiples...


    A ces mondes liquides, un sachet de terre, à la façon terrible de nos mains de potiers...


    Aux grelots des chapeaux, au tintement de la cloche, martèlement du sabot, à ces ânes volontaires et chargés...


    Quand tous les chemins de nos pieds croisent le porteur d'eau.


    A toutes ces sortes de choses qui grandissent nos bonheurs...

    Un peu d'encre humide...


    A faire sécher...


    Pour l'éternité.


    :oops::oops:



    Légende 2019

    legende.jpg

    Je garde mes sourires pour la fin...
    Jendorline :saint:

  • Texte rafraîchissant s'il en est, comme l'eau éclaboussante que l'on boit goulument dans le calice des mains... tandis qu'en arrière plan pointent l'idée de labeur et la fatigue qu'endurent porteur d'eau et ânes afin d’apporter ce frais réconfort.
    J'ai bien aimé

    Quote

    à la nacre du temps qui s'écoule

    Ex-Modérateur de la Taverne: bénévole de 2010 à 2016. Nouvel antre: ensemble.forumsactifs.com (voir Cantabile)



    signat11.jpg


    Merci à Zuzu pour la mise en page de mon dessin
    Je n'en démordrai pas: je suis vraiment convaincu que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis.

  • Je réagis, ayant fini la lecture de tes derniers textes.
    C'est bien écrit, c'est vivifiant et c'est parfois même déroutant, car je trouve que ta façon d'écrire, notamment les poèmes, originale tout en étant parfaitement maîtrisée.
    Moi qui ne suis pas un admirateur de la poésie, d'où qu'elle vienne, je peux lire d'une traite tes écrits, et cela suffit à mes yeux pour voir en toi un excellent auteur et poète.

  • On se lève un jour avec l'envie d'un bon café, d'une bonne douche avant de se mettre en route pour une journée de plus à vivre. Vivre, simplement ça. Et puis, ce jour-là, on plonge sans savoir. Ce jour-là, on bascule. Ce jour-là, on s'éteint, sans le vouloir. Ce jour-là se met en route pour une impasse.



    La lâcheté, l'obscurantisme, la bêtise. Au fond de l'impasse, comme un tag sur un mur d'une journée banale. Une mélodie de haine pour une chanson vide. Un peu d'eau séchée, de sang humide. Quand on y pense, on se révolte, on se bouscule les mains, on se traumatise nos larmes. Au nom de quoi ? Les chemins de tous les dieux se ferment devant tant de rien au fond du coeur.



    Comment argumenter, justifier ? Quand une guerre éclate, il s'agit de mettre des soldats armés qui vont se battre contre d'autres soldats armés...



    Tellement de dates aujourd'hui, de commémorations, de souvenirs douloureux, d'angoisses... Le prix reste injuste. Tu vas au concert, tu ne reviens jamais. Tu vas au boulot, tu ne reviens jamais. Tu vas au match, tu ne reviens jamais. Tu vas au pain, tu ne reviens jamais. Tu restes chez toi, tu ne sortiras jamais....



    Quand je pense que "Dieu est grand !" vient résonner aux portes du monde comme un rythme précurseur d'une folie plus grande... Nos enfants ne rigolent plus, nos enfants ont autre chose à faire. Nos enfants doivent rêver, rire, penser aux trottoirs d'en face, aux jardins du bout de la rue, à la banquise et aux dérèglements climatiques... Nos enfants n'ont plus le temps de lire le petit Prince. N'ont plus l'envie de lire les malheurs de sophie, les sans familles, les misérables, cendrillon... Nos enfants ne cherchent plus leurs balles de tennis, de foot, de basket... Nos enfants doivent à présent porter cet héritage ridicule d'une religion prise comme prétexte pour un pouvoir encore,, comme toujours...



    On se lève un jour avec l'envie d'un café, d'une bonne douche avant de se mettre en route pour une journée de plus à vivre. Simplement ça, vivre...



    Viens donc m'expliquer clairement ce que tu veux toi, l'islamiste, à part la destruction de tous ceux qui ne pensent pas comme toi ? Démontre-moi tes chemins et offre-moi ce qu'ils ont de beau. Tu ne veux rien construire. Tu as vingt ans et on te dis que le monde est fini, qu'il faut devenir acteur de cette fin annoncée...



    Viens me voir, je te montrerais une mésange, un couple de pigeons qui niche dans mon merisier. Je te raconterais mes fraisiers, mes framboisiers. Je te chanterais la danse de mes roses trémières, de mes tournesols... Viens me voir, le monde renaît chaque jour dans mon jardin comme il le fait dans tous les jardins du monde.



    Je sais que tu ne viendras pas. Tu as trop peur que j'ai raison. Pourtant, tu pourrais réaliser qu'il est bon de goûter au vent, aux sources, à ces parfums qui s'exhalent, aux fleurs légères quand les abeilles ont terminé leur journée...



    On se lève un jour avec l'envie d'un café, d'une bonne douche avant de se mettre en route pour une journée de plus à vivre. Simplement ça, vivre... Et c'est encore ce que je vais faire demain et après demain et le jour suivant et la semaine prochaine, et ça, tu ne pourras pas me l'enlever. La médiocrité se combat toujours par l'invisible de mes pensées...



    A toi ma fille garde en ligne de mire que les cons aussi meurent un jour pour laisser la place à ces journées qui vont fleurir. Tu l'auras ta ferme et tes amours, à cultiver tes bêtes et traire tes laitues (ou l'inverse). dans ces jours sombres n'éteins pas la lumière de ce qui fait tes rêves, comme le font déjà tes frères, elle trace aussi un peu de mes routes....



    A toi mon amour, ne change rien, tes yeux suffisent à illuminer le reste du chemin.



    A toi, l'islamiste, si tu ne viens pas voir mon jardin pour comprendre et bien... "Vas te faire foutre".


    Légende 2019

    legende.jpg

    Je garde mes sourires pour la fin...
    Jendorline :saint:

  • comme je l'ai dit sur ton mur, magnifique hymne à la vie jendo. ça fait du bien à l'âme , même si cela met encore plus en exergue la connerie humaine

  • J'avoue que mon encre s'assèche un peu plus chaque jour dans ce monde devenu fou depuis si longtemps. Ma source devient lacrymale, ça sert le cœur, ça étouffe les rêves et pour que tout le monde puisse comprendre je résumerais par "Fais chier"...


    Légende 2019

    legende.jpg

    Je garde mes sourires pour la fin...
    Jendorline :saint:


  • J'irais faire un tour à pied si nécessaire,

    Pour tracer tous les sentiers d'une autre terre...
    J'irais voir au bout du monde ce qu'on y voit,
    Et donner à la pénombre une autre histoire...



    Je ferais se lamenter tous les fou-rires,
    Et s'accrocher nos lunes et nos soupirs...
    Je raconterais aussi quelques légendes,
    Des contes à boire, des contes à prendre...



    Si nécessaire je me tairais un temps,
    Juste ce qu'il faudra à l'éphémère,
    Pour dormir une minute, une seconde,
    Et s'envoler vers sa première et dernière ronde...



    Si nécessaire...


    Mais pas lundi, j'ai piscine...


    8)


    Légende 2019

    legende.jpg

    Je garde mes sourires pour la fin...
    Jendorline :saint:

  • j'adore ton écriture . tu poses les mots avec une telle justesse et au bon moment dans tes poèmes .


    je suis admirative . J'ai lu c'est mon monde et je m'y retrouve tout simplement : sans théories ni discours , une philosophie de la vie contre l'obscurantisme , le fanatisme et pour l'amour de l'humanité ...



    Je suis bien heureuse de revoir ton humour revenir dans ton agenda ;)


    inconditionnelle de la V 2,5 ♥