[RP] Les cendres de la renaissance, le retour des [A.S]

  • L'Archiviste wrote:

    Ceci est le premier chapitre d'une histoire qui en comportera trois pour le moment. Le second chapitre sera ajouté mercredi soir, le dernier vendredi soir.


    Bonne lecture.

    Chapitre 1 : L'ombre nouvelle

    Recroquevillée sur elle-même, les larmes coulant le long de son visage, incapable de crier ou de se déplacer, Timôria pouvait entendre les hurlements de panique et les cris d'agonie provenant de l'extérieur du temple dans lequel elle était restée cachée depuis le début des combats dans la cité. Trois jours auparavant, sans crier gare, une armée de cavaliers s'en était approchée, réclamant sa reddition et une importante rançon sous peine d'une destruction totale et du massacre de sa population. Alors que la garnison ne pouvait aligner que quelques centaines d'hommes, son capitaine, soutenu par le gouverneur, fit savoir à son ennemi que jamais cette cité, ni aucune autre, ne se rendrait, car telles étaient les lois de Sparte, maître de toutes les terres et cités alentours. Lui-même était un ancien des phalanges qui virent les spartiates obtenir la victoire sur leurs adversaires trois années plus tôt lorsqu'ils finirent par écraser l'ensemble des armées qui étaient venues pour jeter à bas les murs d'une ancienne cité considérée comme un symbole de pouvoir absolu. Il était donc vain de s'attendre à ce qu'il cède à la peur et réponde favorablement aux demandes.


    Assiégeants chevronnés, guerriers aguerris, les étrangers firent demi tour, s'éloignant de la cité, laissant à cette dernière la conviction d'avoir par de simples mots repoussé une armée bien plus nombreuse que sa garnison. Mais ce n'était là qu'illusion. En effet, deux jours plus tard, alors que les habitants de la ville étaient encore enivrés des festivités réalisées pour célébrer cette victoire sans combat démontrant sans doute possible le grand prestige dont était doté la cité, un groupe d'une cinquantaine d'hommes revint, à pied, de nuit, se faufilant à l'insu des vigiles jusqu'aux murs, utilisant des grappins pour s'y hisser, marchant silencieusement dans les ténèbres d'une nuit sans lune, égorgeant méthodiquement chaque homme se trouvant entre eux et les portes de la ville. Là, ils agirent vite, avec précision. En quelques instants, la porte fut ouverte, une flèche enflammée éclaira le ciel nocturne et, aussitôt, de puissants cris déchirèrent le silence de la nuit, suivis d'un tonnerre de milliers de sabots venant frapper le sol, annonçant l'arrivée imminente des cavaliers pourtant partis deux jours plus tôt.


    Les heures qui suivirent ne furent que pillages et carnages. Ainsi que l'avaient promis les étrangers, ils massacrèrent tous les habitants de la cité, retournant chaque habitation pour en extraire les objets de valeur avant d'y mettre le feu, se plaisant par moment à laisser en vie, mais incapables de bouger, les habitants qui s'y trouvaient afin qu'ils puissent profiter du spectacle des flammes s'approchant un peu plus d'eux à chaque instant pour finalement les engloutir dans les pires tourments. Bientôt, seul le temple, dominant la cité du haut de la colline centrale, était encore debout, épargné par les flammes et les guerriers, ces derniers étant bien trop occupés par l'accomplissement de leurs basses œuvres pour pouvoir passer du temps à enfoncer le grand portail qui protégeait l'entrée du temple.


    Pourtant, là, à l'intérieur de celui-ci, secrètement, arrivés par quelques tunnels reliant le palais du gouverneur et le baraquement de la garnison au temple, les soldats de la garnison se regroupaient, s'équipant de leurs casques, de leurs cuirasses, de leurs jambières et de leurs manteaux pourpres, couleur réservée à ceux qui sont reconnus comme des spartiates. Calmement, alors que la ville se faisait plus silencieuse, ils saisirent leurs boucliers, leurs épées et leurs lances, s'avançant en rang vers le grand portail du temple pour un dernier combat. Lorsque la phalange fut en place, le capitaine de la garnison sortit des rangs, ouvrit en grand le portail avant de reprendre sa place aux côtés de ses hommes. Aussitôt, tous les soldats commencèrent à frapper leur bouclier de leur lance dans un vacarme assourdissant qui fit se détourner de leur objectif une bonne part des pilleurs alentours.


    Rapidement, la phalange vit se regrouper face à elle des centaines d'hommes enivrés par le sang versé et les richesses pillées. Sans qu'aucun signal ne soit donné ni aucun ordre formulé, ils se jetèrent sur le premier rang de la phalange, ignorant toute forme de discipline et semblant combattre individuellement au lieu de se coordonner entre eux pour tenter de percer la mêlée. Les uns après les autres, ils tombèrent, incapables de faire face au bloc d'hommes entraînés à manœuvrer à l'unisson sur le champ de bataille. A l'étonnement du capitaine de la garnison, il ne fallut que quelques dizaines de minutes pour que les troupes adverses commencent à refluer, visiblement apeurées face à l'amoncellement de corps ne cessant de croître devant ce mur humain visiblement infranchissable malgré un effectif moindre.


    - Pensiez-vous pouvoir vous en prendre aux terres de Sparte sans avoir à payer le prix du sang ? Venez ! Combattez ! hurla le capitaine pour haranguer son adversaire


    Face à l'absence de réponse et au silence alentour, il ordonna à la phalange de s'avancer sur la grande place non loin du portail du temple. Soudainement, une flèche fusa et transperça l’œil gauche du soldat à droite du capitaine. Il s'écroula au sol sans même émettre le moindre gémissement, tué sur le coup.


    - Boucliers ! s'exclama le capitaine


    A peine son ordre fut-il donné que des cavaliers arrivèrent des nombreuses artères de la cité donnant sur la place. Au lieu de charger frontalement la formation comme la phalange s'y attendait, ils se mirent à tourner autour en décochant une pluie de flèches meurtrières, forçant les rangs à se resserrer pour tenter de se protéger plus efficacement sans que cela ne soit suffisant pour autant. Rapidement les spartiates commencèrent à tomber, incapables de réagir au mouvement adverse, piégés par ces cavaliers chevronnés fuyant le corps à corps à chaque tentative d'approche de la phalange et décochant des flèches encore et encore, tel un essaim de guêpes tournoyant autour d'un pauvre hère pensant que fuir pourrait le sauver. De piétons médiocres incapables de s'ordonner, les barbares étaient devenus l'instant suivant des cavaliers émérites capables de tirer précisément à l'arc tout en chevauchant sans à aucun moment entrer en collision les uns avec les autres. Jamais les spartiates n'avaient vu un tel spectacle.


    - Repli ! Vers le temple ! ordonna le capitaine


    La phalange fit aussitôt mouvement vers les marches du temple, ne cessant de perdre des hommes frappés par les traits adverses. Ils n'étaient plus qu'une douzaine lorsqu'ils parvinrent enfin à entrer à l'intérieur de l'imposante structure, prêts à accueillir leurs visiteurs indésirables qui seraient bien obligés de descendre de leurs montures et de venir les affronter au corps à corps. Au moins ces douze hommes là auraient une mort honorable, c'était là tout ce que pouvait espérer leur offrir le capitaine après cette sortie qui s'avéra désastreuse.


    A l'intérieur, alors qu'il fouillait le temple pour y trouver quelques mobiliers à même de bloquer des passages pour forcer les troupes adverses à se concentrer dans des couloirs réduits qui briseraient l'avantage du nombre, l'un des soldats entendit des sanglots.


    - Capitaine ! Il y a encore un civil en vie ici !


    S'approchant rapidement, sachant le temps compté avant que l'ennemi ne se décide à pénétrer dans le bâtiment, le capitaine se pencha vers la jeune fille après l'avoir observée quelques instants, comme pour s'assurer que ce n'était pas là quelques hallucinations liées au combat, qu'il y avait bien encore une personne à sauver dans la cité.


    - Que fais-tu ici jeune fille ? Comment es-tu entrée ? demanda-t-il maladroitement.


    - Je... j'ai... un tunnel... depuis le palais... répondit-elle difficilement.


    - Un tunnel ? Mais oui... les tunnels ! Il est possible de sortir de la cité depuis le temple ! S'exclama le capitaine en se retournant vers le soldat.


    - Trouvez-moi de quoi écrire ! Et cherchez le tunnel caché derrière l'autel du temple ! lança-t-il aussitôt.


    Le temple, en effet, plus vieil édifice de la cité, en plus d'être relié aux structures gouvernementales et militaires de la cité, contenait un tunnel secret, connu uniquement du gouverneur, du prêtre principal et du capitaine de la garnison. Il donnait sur l'extérieur de la cité, du côté ouest bordé par une grande forêt. Au milieu de cette dernière serpentait l'un des bras de la rivière alimentant en eau les habitants de la cité. S'étendant sur des lieues, il finissait par rejoindre l'une des principales routes commerciales de la région. S'il était impensable de fuir pour les soldats présents, la jeune fille pourrait, elle, sans honte, s'échapper et ainsi prévenir les autres cités en suivant la dite route. Aussi, après quelques instants, lorsque le capitaine eut terminé de rédiger un rapide message, il se pencha à nouveau vers la fillette.


    - Quel est ton nom jeune fille ? demanda-t-il avec toute la douceur dont est capable un vétéran.


    - Ti... Tim... Timôria mon seigneur, prononça la fillette, les yeux chargés de larmes.


    - Ahahaha ! Loués soient les dieux ! Avant que ne vienne me prendre la mort ils m’annoncent la vengeance pour le sang versé ! s'exclama le capitaine, comme possédé.


    - Prends ce message ! Garde-le comme s'il était ta vie ! déclara le capitaine en donnant la missive à la fillette tout en la saisissant par les épaules pour la relever.


    - Suis la rivière, rejoins la route, reprit-il aussitôt en la fixant droit dans les yeux.


    - Va ! Va à Sparte ! Trouve notre roi ! ordonna t-il finalement avec entrain et fermeté.


    Autant sonnée par les mots du capitaine qu'effrayée par les barbares qu'elle pouvait deviner en train d'entrer dans le temple, elle jeta un regard vers le tunnel puis fixa les yeux du capitaine, consciente que celui-ci était en train de se préparer à se sacrifier tant pour respecter son engagement que pour lui donner le temps de fuir et d'ainsi alerter Sparte et les autres cités. Sans attendre, investie de sa mission, elle balaya les larmes de ses joues et s'engouffra dans le tunnel qui fut aussitôt refermé par le soldat et le capitaine. Combien de temps les quelques hommes encore présents parvinrent à se battre avant de tomber et combien de ces barbares emportèrent-ils avec eux, jamais elle ne le sut, ni personne d'autre d'ailleurs, elle était de toute façon persuadée que, comme leurs ancêtres avant eux, ils combattraient jusqu'à la dernière goutte de sang pour que ces étrangers soient eux aussi plongés dans la terreur qu'ils cherchaient à semer.

    « La connaissance est tel un fleuve dont l'écoulement serait contrôlé par un barrage. »

  • Chapitre 2 : La fin de l'innocence

    Quelques minutes après être entrée dans le tunnel, la jeune fille aperçut un fin filament de lumière perçant un mur végétal devant elle. La sortie était là, à quelques pas. Une dernière fois, elle se retourna, attristée de savoir qu'elle était maintenant la dernière survivante de cette cité, apeurée à l'idée que, si elle venait à échouer dans sa mission, peut-être jamais les siens ne pourraient être vengés et sans doute d'autres villages et cités seraient balayés par les sombres cavaliers. D'un pas hésitant, celui d'une enfant dont les parents l'accompagnaient à chaque fois qu'elle était amenée à se rendre au delà des murs de la cité, elle franchit la sortie du tunnel en écartant les feuillages. Aveuglée par la lumière parvenant soudainement jusqu'à elle après des heures à avoir été enfermée dans le temple puis dans ce tunnel, elle ferma ses yeux et porta sa main droite devant eux pour les protéger le temps de s'habituer à cette soudaine luminosité. Lentement, elle baissa sa main et ouvrit ses yeux à nouveau, découvrant la forêt alentour et le chant des oiseaux, imperturbables malgré le chaos régnant dans la cité à quelques dizaines de mètres de là. Sans attendre, subitement rattrapée par l'impérieuse mission qui lui était confiée, elle se mit à courir à la recherche de la rivière dont lui avait parlé le capitaine de la garnison, parcourant la forêt à l'aveugle, bien incapable de se situer si ce n'était par l'épaisse colonne de fumée qui continuait à s'élever au dessus de la cité et dont la noirceur était encore visible depuis les sous-bois.


    Courant depuis plusieurs dizaines de minutes, elle se figea brusquement, à l'affût des sons alentours. Se tournant d'un côté puis de l'autre, cherchant à ignorer le bruissement des branches et le chant des oiseaux, elle recherchait ce son typique du tumulte des eaux qu'elle était persuadée d'avoir entendu. Après quelques instants, elle s'élança de nouveau sur quelques dizaines de mètres à travers les arbustes pour finalement apercevoir la rivière juste devant elle. Elle y était parvenue, le capitaine aurait été fier d'elle. S'avançant, souriant de ce premier succès malgré le contexte de son exécution, elle fut soudainement pétrifiée, effaçant instantanément le sourire de son visage. L'eau de la rivière était teintée de sang et de cendres. Las, elle tomba à genoux sur la rive, pleurant toutes les larmes de son corps. Elle avait entendu les cris, elle avait ressenti la chaleur des flammes et vu le sang sur les cuirasses et les armes des soldats dans le temple, mais à aucun moment elle n'avait pris conscience de l'étendue du massacre. La nature même était souillée du sang des habitants de la cité et des cendres de cette dernière. Bien que n'étant qu'une enfant, elle ne put que ressentir une profonde colère se muant aussitôt en haine. Ils devaient payer pour leurs actes, ces étrangers devaient eux aussi connaître la peur de la mort et la terreur insufflée par la fureur de guerriers déchaînés. Levant vers le ciel ses yeux rougis par les larmes versées, elle jura devant les dieux au nom de ses ancêtres de remplir la mission qui était sienne et d'accompagner au combat les phalanges de Sparte pour venger les siens et honorer leur mémoire. Plongeant ses mains dans la rivière, elle aspergea son visage de l'eau souillée, la laissant dégouliner le long de son corps et de sa tunique. S'en était fait, elle n'était plus dorénavant une enfant, qu'importe l'âge, qu'importe l'expérience, ce passé était effacé.


    Se relevant vigoureusement, elle se mit à suivre le cours de l'eau comme l'avait ordonné le capitaine. Marchant avec une détermination nouvelle, une heure lui fut suffisante pour rejoindre la grande route commerciale. Là, elle se mit à marcher de nouveau en direction de l'ouest, loin des cavaliers venus de l'est et surtout en direction de la grande cité de Sparte. Après quelques kilomètres à enjamber branchages et rocailles, elle croisa un homme sur une charrette, visiblement un chasseur étant donné l'arc dans son dos et les animaux morts qu'il transportait avec lui. Celui-ci, choqué par la vision de cette jeune fille, marchant seule sur la route et recouverte de la tête aux pieds de ce qui semblait être du sang, s'arrêta immédiatement, descendit de sa charrette et s'approcha lentement, prêt à bander son arc comme si cette vision d'horreur ne pouvait qu'être le fait d'un quelconque monstre mystique cherchant à le tromper pour l'attirer et l'entraîner vers les abysses infernales.


    - De... d'où viens-tu et... et où vas-tu jeune fille ? lança-t-il sans grande conviction.


    Comme seule réponse, la fillette continua à s'avancer vers lui. Ne comprenant pas, il banda son arc et la mis en joue.


    - Me craignez-vous ou craignez-vous le sang des miens qui me recouvre et me porte ? répondit finalement Timôria au chasseur, tournant son regard vers lui et le plongeant dans le sien.


    - Je... N'avancez pas ! Dites- moi ce qu'est cela ! rétorqua-t-il en tremblant, baissant ses yeux vers le sol et la vouvoyant soudainement de peur de réveiller quelques démons.


    - De noires colonnes s'élèvent de nouveau en Grèce, commença t-elle, l'ombre s'étend depuis l'est, recouvrant de son voile les âmes de nos semblables, finit-elle mystérieusement.


    - Je me rends à Sparte pour parler au roi, reprit-elle finalement, comme pour s'expliquer.


    La voyant continuer à s'avancer, mais incapable de tirer car incapable de comprendre de ce dont elle parlait et ce qui lui était arrivé, le chasseur la laissa passer à quelques pas de lui avant de reprendre ses esprits et de trouver le courage de s'adresser à elle, admettant qu'elle n'avait nullement l'air de s'intéresser à lui ni d'être une quelconque créature démoniaque.


    - Sparte est lointaine ! Jamais tu ne l'atteindras seule et à pied ! Il te faut de l'aide !


    Se retournant à nouveau vers lui, le regardant des pieds à la tête, Timôria semblait évaluer la capacité de cet homme à lui apporter l'aide dont il parlait. Ses conclusions à son sujet semblaient décevantes.


    - Vous ne portez pas le manteau pourpre, comment pourriez-vous m'aider lorsque ceux en étant parés sont tombés pour l'honorer ? répondit-elle laconiquement.


    - Le manteau pourpre ? Le manteau des hoplites spartiates ? Viens avec moi ! Je te mènerai dans ma cité. Philippes est dirigée par un homme à la fois sage et redoutable. Il fut nommé par le roi en récompense des combats menés. Il porte le manteau des spartiates !


    La voyant hésiter, il reprit.


    - Il a l'oreille du roi et sera reçu par lui dès qu'il s'annoncera aux portes de Sparte. Sois sûre qu'il t'emmènera avec lui afin que tu témoignes de ce que tu as vu. Ainsi tu verras le roi et ainsi tu pourras lui parler. Seule, tu mourras sans aucun doute sur la route, que ce soit par le froid, les bêtes sauvages ou les bandits.


    Aucune réponse ne fut prononcée, il n'y en avait aucunement besoin, le chasseur avait raison et la jeune fille le savait. Elle n'était plus de ces jeunes gens qui défient la raison pour attirer l'attention, elle n'en avait plus le besoin. Aussi, sans mot dire, elle s'avança vers la charrette, grimpa à l'arrière, au milieu du gibier abattu, et attendit simplement dans le silence. Ne sachant que dire ou que faire de son côté, le chasseur rangea son arc et se remis à sa place à l'avant de la charrette, ordonnant aussitôt au cheval d'avancer afin de ne pas faire attendre cette étrange fillette. Durant tout le trajet, Timôria ne prononça aucun mot, sachant que le chasseur n'en dirait pas plus, trop choqué par ce qu'il avait vu, trop effrayé par ce qu'il avait entendu et inquiet de ce que tout cela pouvait bien signifier.

    « La connaissance est tel un fleuve dont l'écoulement serait contrôlé par un barrage. »

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  • Chapitre 3 : La messagère

    Plusieurs heures après cette rencontre inattendue, mais bienvenue, et comme le chasseur l'avait promis, le gouverneur de la cité reçut Timôria et réagit immédiatement à la lecture du message en réclamant la formation d'une délégation qu'il mènerait lui-même jusqu'à Sparte où résidait actuellement le roi. Sans attendre que la fillette se repose, il avait bien compris qu'elle n'en était plus une que de corps, le gouverneur donna l'ordre de départ pour le soir même. La route était longue jusqu'à la cité royale et il était impensable d'attendre plus longuement au risque de voir l'ennemi se répandre sur tout le nord de l'empire et prendre possession de places fortes qui pourraient lui permettre de se renforcer et d'y perdurer des années tout en lançant des expéditions vers le sud.


    Deux semaines de marche furent nécessaires pour parvenir à Sparte. Là, la délégation fut immédiatement conduite jusqu'au palais royal où le roi reçut le gouverneur comme l'on reçoit un ami de longue date. La raison de sa visite n'avait pas été annoncée puisque personne n'avait précédé sa venue.


    - Quelle surprise de te voir ici ! s'exclama le roi. Philippes est-elle donc si simple à gouverner que tu peux t'offrir quelques semaines d'absence pour rendre visite à de vieux compagnon d'armes ? lança le roi en riant.


    - Mon roi... commença gravement le gouverneur, nous sommes attaqués, déclara -t-il simplement.


    Refermant son visage, affichant subitement le regard d'un homme habitué aux désillusions et conscient qu'il était fou de croire qu'il pourrait connaître la paix, le roi regarda face à lui les personnes accompagnant son ancien lieutenant. Son regard se posa finalement sur la jeune fille présente, elle ne semblait pas être ici à sa place.


    - Toi, pourquoi marche-tu aux côtés de spartiates ? demanda-t-il avec autorité.


    - Je suis Timôria, fille de Khalkeus d'Hadrianopolis mon seigneur, répondit-elle respectueusement en s'agenouillant.


    - Je suis porteuse d'une missive du capitaine de la garnison de la ville, reprit-elle en se relevant et en tendant le message au roi.


    Celui-ci, sans attendre, s'empara du papier empreint de sang et se mit à le lire à voix basse.

    Contenant la colère qui s'éveillait en lui lorsqu'il imagina son ancien compagnon d'armes gisant mort dans le temple, il se retourna, se dirigea vers une grande table à quelques pas de là sur laquelle se trouvait une carte des terres connues et de l'empire qu'il dirigeait. Sans avoir à l'ordonner, les membres de la délégation comprirent qu'il leur fallait le suivre.


    - Hadrianopolis... perdue... l'est de l'empire est sous pression d'un ennemi inconnu... marmonna-t-il comme pour se parler à lui-même.


    - Timôria, fille de Khalkeus, dis-moi ce que tu as vu ! réclama le roi.


    - Des cavaliers mon roi, des milliers, peut-être même des dizaines de milliers, ils venaient des terres interdites de l'est, celles habitées par les créatures des enfers. Ils sont venus, ont réclamé de l'or et la reddition de la cité. Le capitaine a refusé et ils se sont éloignés. Deux jours plus tard ils sont parvenus à entrer dans la cité par surprise, j'étais cachée dans le temple, je n'ai rien vu de ce qu'il s'est passé, je sais juste que la cité brûlait et qu'il n'y avait plus personne en vie. Le capitaine et ses hommes ont ouvert un tunnel secret donnant sur l'extérieur de la cité afin que je puisse fuir et vous porter ce message. Aujourd'hui, ils sont morts, comme la cité et ses habitants. La rivière elle-même était teintée de sang et de cendres.


    Comprenant qu'il ne pouvait attendre et que la situation réclamait une décision immédiate sans passer par les instances civiles censées intervenir pour certaines décisions guerrières, il réclama qu'un scribe vienne afin de rédiger un message à envoyer à toutes les cités de l'empire. Aussitôt, il se mit à dicter les mots à écrire.

    - Faites-en une copie pour chaque cité de l'empire, les messagers doivent partir ce jour, nous ne pouvons attendre, ordonna le roi au scribe.


    - Mon ami, reprit-il d'un air grave en se tournant vers le gouverneur de Philippes tout en posant sa main droite sur son épaule gauche, le temps est venu pour nous d'à nouveau tirer l'épée ensemble, finit-il en souriant.


    - Je viens avec vous ! s'exclama aussitôt la fillette, s'attirant l'attention de toutes les personnes présentes.


    - Je... je ne prétends pas pouvoir intégrer une phalange, reprit-elle immédiatement en voyant l'étonnement et l'incrédulité dans le regard des soldats présents et du roi, mais je sais pouvoir marcher à vos côtés, si ce n'est qu'aider aux arrières et apprendre à manier les armes pour un jour combattre nos ennemis, déclara-t-elle avec tant d'aplomb qu'aucun n'osait en rire.


    - Tu n'as plus ni famille ni foyer... commença le roi, je suppose que l'armée peut les remplacer tous deux. Les dieux t'ont laissé seule survivre à ce massacre, peut-être saurons-nous un jour ce pourquoi ils l'ont décidé. Mais sache qu'il m'importe peu que tu sois jeune et que tu sois une fille, tu n'auras aucun traitement de faveur, tu devras soigner les blessés, nourrir les soldats et également t'entraîner pour ne pas être un poids si les arrières venaient à être attaquées.


    - Oui mon roi ! répondit-elle fièrement.


    Ce dernier lui fit aussitôt signe de se retirer et un garde l'emmena afin qu'elle puisse commencer à se préparer.


    Moins d'une semaine après, alors que les messagers étaient arrivés dans toutes les cités et qu'aux quatre coins de l'empire se réunissaient d'innombrables guerriers prêts à combattre et à vaincre de nouveau, l'armée de Sparte était entièrement mobilisée et commençait sa longue marche vers les terres de l'est. A sa tête se tenait le roi et le gouverneur de Philippes. Loin derrière, marchant comme tous les autres, se trouvait une fillette dont l'histoire et le nom étaient déjà connus de la plupart des soldats. Timôria, la vengeance, tel était son nom, seule rescapée du massacre d'Hadrianopolis, marchait aux côtés de l'armée de Sparte.

    « La connaissance est tel un fleuve dont l'écoulement serait contrôlé par un barrage. »

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  • Pour ceux qui l’auront deviné suite à ce (magnifique) RP, c’est effectivement le retour de la Team [A.S] sur Travian !


    En Janvier 2016, nous avions mis un terme à notre aventure par manque d’objectifs intéressants à atteindre pour la suite.

    L’arrivée du serveur anniversaire a changé la donne. Nouvelle carte de jeu, nouveau système de victoire, nouvelle gestion des artéfacts, d’avantage de tactique et de stratégie et surtout un jeu moins chronophage et plus intense.

    La motivation est donc de retour et nous serons à nouveau sur Travian d’ici deux mois sur le serveur anniversaire (pas de date précise donnée par Travian Games pour le moment).


    Pour ceux qui veulent nous affronter, nous vous attendons avec plaisir IG.


    Ceux qui veulent postuler, vous pouvez, le recrutement n’est pas fermé. Sachez juste que les rumeurs quant au retour [A.S] ont amené des joueurs à postuler et à rester en contact depuis septembre 2018. De ce fait, les places sont chères et nous n’avons pas la capacité d’accueillir tout le monde. Contactez moi via le forum ou Discord si vous êtes intéressés.


    Bonne soirée


    AHOU !

  • AHOU !

    Ex-Modérateur S2/S9/TT.fr/X3
    Ex-MH S6.fr / S5.fr
    Les règles sont les mêmes pour tous, les sanctions aussi.

    Retraité... Il parait...


    Marié à Token, désolé mesdames :/
    [A.S.]KTP

    Willy <3

  • AHOU !

    « On ne doit jamais laisser se produire un désordre pour éviter une guerre ; car on ne l'évite jamais, on la retarde à son désavantage. »


    [ Nicolas Machiavel ] - Le Prince

  • Belle bande de noob que ça m'a l'air d'être tout ça 8)






    Good luck à vous, en espérant pour vous que vous trouviez des adversaires ...




    Tu as beaucoup voyagé capitaine, mais peu regardé.
    Un jour, tu ouvriras les yeux et tu t’apercevras que le partage du vice
    et de la vertu ne sont affaires ni de sang, ni de rang, ni de race ou de religion.