FR15: Une brise dans l'air

  • La bruit des vagues frappant les falaises qui servaient de côtes emplissaient l'air et rendait inaudibles le bruit du vents dan les arbres et les chants des oiseaux qui n'avaient pas encore fuient le pays dont le froid annonçait l'approche de l'hiver. Le "pays" comme l'appelait ses habitants, pourtant conquête romaine, jamais ils ne s'étaient sentis Romains et l'odeur de la guerre proche qui flottait dans les airs les avait convaincu que la lutte n'était pas terminée. Le monde allait changer, tous le savaient mais nul n'aurait su dire ce qu'il deviendrait, certains en frémissaient d'excitation tandis que d'autres se terraient dans leur peur du changement, mais au final nul ne pourrait éviter cette fatalité.
    Le plus puissant des chamans des contrées Ouest disait avoir entendu un nom : Victoria, et même si tous avait remis en question ses dons, ce nom ne soufflait pas que dans l'air de la Gaule, il soufflait dans l'air du monde, un air de changement, un air nouveau.

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  • Le vent soufflait dans ses cheveux et il entendait comme un murmure au loin qui filait avec cette légère brise qui lui caressait le visage. Ahn'Kon vivait dans une province florissante de l'Empire romain et avait la chance de n'être né au milieu des esclaves, sa famille étant aisée il avait eus l'opportunité de recevoir une éducation. Ses maîtres lui avaient appris à lire, à écrire, lui avaient enseigné le monde, l'histoire de son pays avant et après l'arrivée de l'envahisseur, et même l'art de la guerre et du combat. Il avait dix sept ans, les cheveux noirs comme le charbon mais des yeux en amande d'un vert peu commun et son regard perçait leur cible tel un poignard dans le cœur. Il n'était pas trop grand ni trop petit, son corps était musclé mais raisonnablement et au fil du temps il avait réussi à gagner le respect de tous ceux qui l'avait côtoyé.

    Le vent frais du Nord commençait à s'atténuer laissant le soleil libre de lui chauffer le corps, pourtant le jeune homme ne bougea pas un cil, son regard s'était perdu sur le magnifique Nil qui s'étendait sous ses yeux et ses pensées s'étaient égarées loin dans de proches souvenirs. Des missives venant du haut commandement étaient parties aux quatre coins de l'Empire, l'empereur voulait soulevé une énorme armée, très vite de nombreuses rumeurs avaient fini par monter parmi les populations d'Egypte. La conquête romaine avait alors commencé peu à peu à se scinder en trois groupes : il y avait ceux qui voulaient se soumettre à l'Empire pour ne pas être rayés de la carte, ceux qui pronaient la paix sans se soumettre et proposaient de ne pas répondre, et enfin il y avait ceux dont Ahn'Kon faisait parti et qui soumettaient l'idée de se soulever contre l'Empire, de profiter d'une potentielle faiblesse et de faire renaitre le glorieux empire qui étaient autrefois l'une des plus puissantes nations du monde, après tout, si l'Empire souhaitait soulever une armée il devait exister un danger qui le menaçait.

    Dans quelques jours, les dirigeants de ce qui restait de leur pays se réuniraient pour choisir la voie que prendrait l'Egypte, mais il savait que beaucoup voulaient la même chose que lui, que bons nombres avaient été convaincus par la solution belliqueuse et il ne doutait même plus qu'il prendrait bientôt les armes pour lutter contre cet Empire qui se croyait tout puissant, la seule inconnue c'était le danger que craignait l'empereur, si la plus grande, et seule, puissance de l'autre continent cragnait quelque chose alors tous devraient prier Râ de les protéger de ce fléau.

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  • La poussière flottait partout dans les airs, le bruit aurait donné des migraines à quiconque aurait osé s'y exposer toute une journée, les gens criaient, pas par peur ou par excitation, mais uniquement pour se faire entendre par leurs interlocuteurs, comme s'ils n'avaient pas le loisirs de se reposer la gorge, s'ils avaient choisi d'atténuer leurs voix en concert ils auraient mis fin à cette zizanie burlesque qui ne donnait qu'un sourire noir à Octave. Il les détestait tous, l'ironie voulait pourtant que tous l'adorent, pourtant chacun ignorait son existence. Il marchait avec des colonnes d'hommes et de soldats, la tête haute avec fierté, parfois un passant lui lançait un regard de dégout, parfois de pitié ou d'empathie pourtant Octave répondait toujours par un regard si dur qu'il faisait fuir ceux qui osaient le croiser.

    La vie ne lui avait fait aucun cadeau, elle l'avais endurci et aujourd'hui il ne craignait plus rien, pas même la mort, il avait accepté depuis longtemps cette fatalité : son destin ne lui appartenait pas.

    Depuis son enfance il avait assisté à tant d'horreurs, il avait également du en commettre pour survivre, il avait tué de nombreux hommes et il continuerait encore à en tuer, il était à présent dégoûté par les Hommes eux-même et leurs crimes, et sa rage était telle que ce fut les Dieux eus-même qu'il aurait souhaité combattre pour les châtier d'avoir créer sur terre de pareil démons.

    Les dieux ... Eux aussi il les détestait, ils n'avaient jamais été avec lui, durant sa vie il avait tout perdu : sa mère, son père, ses deux sœurs, sa femme, sa fille, son fils puis au final il avait même fini par perdre son prénom ainsi que sa vie elle-même, plus rien ne lui appartenait.


    Pendant ce temps, Regulus attrapa un raisin qu'il posa délicatement sur sa langue, le silence de son bureau lui permettait de savourer ses pensées claires et rangées. Il s'enfonça dans son siège et pris dans sa main une lettre du général Decimus, il ne pu empêcher une légère appréhension de l'envahir : Decimus était un personnage célèbre, un stratège qui avait empêché de nombreuses conquêtes de devenir indépendantes, il avait réussi à presque arrêter la décroissance de l'Empire et son nom était connu dans chaque foyer de Rome, pourtant rares étaient ses apparitions et il ne communiquait jamais avec des hommes qui n'appartenaient pas à l'armée, excepté l'empereur lui-même.

    Lorsque Regulus commença sa lecture, son visage se crispa et prit une teinte blanchâtre, le message était court mais clair, tous les plus grands seigneurs et propriétaires étaient appelés à se rassembler pour préparer l'armée de l'Empire.

    Regulus était le seigneur d'une région au Sud de Rome, il avait de grandes responsabilités en temps normal et soudain une infinité de pensées se mêlèrent et s'entre-mêlèrent et malgré le silence régnant dans la pièce sa tête se mit à tourner et de légers maux apparurent. Tout à coup la porte s'ouvrit sans prévenir et Aulus apparut, son valet, s'approcha et malgré le trouble apparent de son maître lui dit d'une voix douce :

    "Maître, les jeux vont bientôt commencer, il vous faut vous hâter !"

    Regulus leva sur lui un regard qu'il ne contrôla pas, le valet prit soudain une teinte livide, de la peur apparut dans ses yeux et il ne pu arrêter un rapide mouvement de recul guidé par une peur de mourir, Regulus prit alors conscience de son propre regard, celui qu'il aurait accordé à un esclave ou un criminel qu'il aurait été sur le point de tuer, essaya de prendre un air plus détendu, se leva et finalement lâcha : "Allons-y !"

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  • La tristesse, l'ombre, la noirceur, le monde paraissait si noir, mais malgré ce chagrin et ce désespoir une flamme persistait telle une passion sauvage au milieu du chaos sentimental, une haine nourrie par une injustice qui, aux yeux de certains n'était pas et aux yeux d'autres ne semblait que mineure, tout cela ne faisait que renforcer le désir de mort qui nourrissait le feu sombre de son cœur.

    La jeune femme se tenait assise sur une souche, laissant l'anarchie détruire peu à peu toute raison dans ses pensées, elle ne sentait le vent frais de l'automne sur son visage ni n'entendait les bruits et les cris autours d'elle de l'armée de fortune qui s'organisait peu à peu et commençait à prendre forme, elle oubliait le temps même qui continuait de s'écouler, le monde autours d'elle semblait distordu et son cœur ne trouvait plus la force de battre. Linn avait grandi dans un endroit paisible entourée de ses parents, de ses deux grands frères, de ses amis, des autres villageois tous aussi gentils que braves.

    Elle n'avait pas vécu dans la richesse mais elle avait été heureuse et aujourd'hui elle se sentait seule et abandonnée.

    Finalement ses envies de meurtres lui rappelèrent ses bagarres avec ses frères, en particulier avec Fulbert qui aimait se chamailler, tandis que qu'Ugolin était plus calme, ces souvenirs lui firent monter les larmes aux yeux et, un bref instant seulement, elle sembla reprendre connaissance.

    Cela faisait à présent quinze jours qu'elle vivait dans ce camps de fortune installé par les survivants de nombreux villages alentours, comme elle ils avaient été victimes d'une attaque brutale et rapide d'armées inconnues mais sanguinaires, dévastatrices et entraînée, ils avaient ainsi tout perdu pour la plupart : terre, maison et surtout famille, ci et là on pouvait voir les femmes s'occuper d'enfants qui n'étaient pas les leurs alors qu'elles n'avaient pas encore séché les larmes qui coulaient en souvenir de leurs bambins dont les corps jonchaient encore le sol couvert de sang de villages alentours, et les enfants, nouvellement orphelins, ne cessaient de réclamer leurs défunts parents sans pouvoir retenir des sanglots.

    Le camp s'organisait petit à petit, tout ceux voulant participer avait une tâche, les guerriers toujours vivants montaient peu à peu une armée et en préparaient les soldats, les rondes étaient déjà définies et des messagers filaient chaque jour partout voir si les villages alentours, mais toujours plus loin, n'avaient pas déjà été décimés et, dans le cas contraire, les mettre en garde et les inciter à rejoindre ce rassemblement qui grossissait à vue d'oeil.

    Au milieu de ce petit monde, de cette fourmilière qui ne semblait jamais s'arrêter, Linn se sentait seule, une solitude profonde qui la rongeait petit à petit et malgré toutes les tentatives de certains pour l'extirper de ce cauchemar éveillé elle ne trouvait pas la force en elle de vivre de nouveau, une partie d'elle-même lui avait été arrachée le jour où sa famille avait été massacrée comme si un morceau de son cœur lui avait été arraché à jamais, qui ne guérirait jamais.

    Le manque de nourriture et de sommeil n'aidait en rien sa tourmente mais contrairement à son chagrin ils ne faisaient qu'empêcher la flamme vengeresse qui embrasait son cœur de perdurer, cette flamme qui, inconsciemment, la maintenait en vie.

    Après trois nouveaux jours, que Linn passa à errer sans but dans le camp lorsqu'elle n'était pas assise sur une souche quelconque de cette forêt qui entourait le camp, un guerrier vint la voir, il avait entendu que tous ceux qui avaient tenté de lui parler avaient échoué, il avait écouté son histoire de la bouche d'un villageois survivant et s'était mis dans la tête de tenter de lui parler, il n'avait après tout rien à perdre.

    L'homme était grand, de longs cheveux bruns légèrement bouclés tombaient sur ses omoplates tandis qu'une barbe d'une semaine ornait son visage, ses yeux bleu clair et vifs surmontaient une mâchoire imposant, aussi dure que le reste de son visage qui laisser supposer qu'il avait vécu maintes batailles.

    Rudolf arriva à la hauteur de la jeune femme et se pencha pour arriver à sa hauteur, elle leva à peine ses yeux, laissant apparaitre un regard vide et pourtant emplit d'une tristesse qui semblait infinie, et il comprit son désespoir, alors il se redressa puis lui assena un violent coup à la tête.

    Sous la violence du choc, la jeune femme tomba au sol mais sans chercher à comprendre elle se rua sur le soldat le faisant tomber en arrière tout en tentant de la toucher avec ses poings qui frappaient l'air puisque guerrier les esquivait tous, finalement il la projeta plus loin où elle tomba lourdement sur le dos, il se jeta sur elle, lui saisit les poignets pour l'empêcher de le frapper puis lui demanda d'une voix grave accompagnée d'un large sourire : "Voudrais-tu que je t'apprennes à utiliser au mieux ta haine contre les responsables de ton malheur ?"

    En guise de réponse, les yeux de la jeune femme se mirent à briller d'une lumière qu'ils n'avaient pas laisser échapper depuis bien longtemps.

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  • Matugenos était un grand gaillard à la carrure impressionnante, il aimait ce battre et avait décidé d'y dédier sa vie pourtant, malgré la fin de la bataille, il ne pouvait desserrer l'étreinte sur son épée qu'il serrait si fort qu'on eut cru que plusieurs veines allaient éclater.

    Il avait toujours voulu devenir un grand guerrier dont le nom serait chanté dans les chansons épiques des bardes du monde entier, pourtant, après cette première bataille, la vue de tout ce sang et de ces corps sans vie lui donnait la nausée, ses nerfs étaient à vif et un profond sentiment de tristesse l'avait envahi.

    Certains visages lui revenaient en tête, des visages qu'il avait vu avant de leurs asséner de puissants coups de sa lourde épée avec une sauvagerie qu'il ne se connaissait pas.

    Autours de lui de nombreux frères d'armes commençaient déjà à rassembler les corps de leurs camarades tombés au combat tandis que d'autres préparaient du bois pour allumer des feux, quelques rares jeunes soldats vomissaient à la vue de ce macabre spectacle sur lequel les corbeaux commençaient déjà à jeter d'avides regards.

    À cet instant Matugenos voulu ne jamais être né, jamais il n'avait imaginé que la guerre était à ce point horrible et aujourd'hui il comprenait enfin pourquoi on tenait les guerriers en si haute estime, ce n'était pas pour leur force ou prouesses physiques mais pour leur mental d'acier qui leur faisait supporter toutes ces atrocités.

    Une bourrasque fit voler en arrière ses longs cheveux bouclés roux, elle était si fraiche qu'il en eut un frissons, l'hiver approchait, et, perdant le contrôle de ses muscles, il fit tomber son épée par terre.

    L'empereur n'allait pas être content d'apprendre ce qui s'était passé, de nombreux villages et tribus gauloises avaient formé des coalitions pour créer des armées puissantes et avaient prit la liberté de s'en prendre aux garnisons romaines dont les effectifs étaient en baisse visible.

    Tous les peuples gaulois savaient qu'il se passait quelque chose d'anormal mais nul ne savait quoi, Matugenos avait entendu un nom de la bouche de guerrier : Victoria, mais il n'avait compris l'intérêt qu'ils y portaient, il avait également entendu parler d'un guerrier que les dieux eux-même craignaient, il avait prit tout cela pour des ragots de vieux gâteux mais à présent, voyant ces hommes vivants et les visages durs et impassibles, le respect qu'il avait pour eux en était décuplé.

    Finalement le garçon d'une vingtaine d'années reprit ses esprits et ramassa son épée, il regarda autours de lui, toutes ces histoires étaient le dernier de ses problèmes, il remit son épée dans son fourreau et au moment où il allait s'avancer pour prêter main forte aux autres soldats il entendit des cavaliers arriver à vive allure, il se retourna et reconnu d'un seul coup d'oeil le grand étendard de Lugdunum, la grande cité qui avait été la première à prendre les armes contre l'Empire quand les chamans de Condate avaient fait courir certains bruits, la pression retombit si soudainement qu'avec ses nerfs Matugenos éclata d'un rire malsain, mais quand il retrouva finalement son calme il partit à la recherche de son frère aîné, Atepios, qui était censé accompagner ces cavaliers plus rapides que l'éclair, finalement, perdu au milieu de cette foule de nouveaux arrivants ce fut l'aîné qui retrouva son petit frère, leurs visages étaient semblables : la peau légèrement bronzée, de grands yeux bleus, un nez imposant et une mâchoire carrée, le tout accompagné de cette même chevelure rousse bouclée, leurs carrures étaient leurs seules différences : Atepios était musclé mais léger, agile et plus petit que son petit frère qui avait des épaules aussi musclées que le reste de son corps, mêlée à sa grande taille il en était impressionnant.

    Maintenant que les deux frères c'étaient retrouvés, ils se sentaient de nouveau invincibles, capables de vaincre le monde entier, sans se soucier des soldats autours plus âgés qui reprenaient discrètement leurs conversations sur ce soldat que les dieux n'osaient affronter, celui qui, pour eux, était un fléau.

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  • Uldin était un jeune homme d'à peine 18 ans, ses yeux en amandes et son teint bronzé trahissaient des origines d'ailleurs, même si tous ses compagnons semblaient avoir hérité des mêmes caractéristiques particulières que le garçon, et le vert profond de ses yeux rappelait le plaines dans lesquelles il avait grandi, entouré de sa famille.

    Dès le plus jeune âge il avait du apprendre à monter à cheval et très vite le maniement de l'arc avait suivi, malgré cet enseignement militaire son visage avait des traits fins et aucune barbe ne venait les cacher, son corps était plus petit que la moyenne mais n'en était pas musclé mais, comme tous les autres, Uldin avait les cheveux du noir le plus sombre, le seul symbole relativement distinctif était sa queue de cheval qui lui descendait jusqu'en haut du dos.

    Le garçon avait toujours pris très à cœur les enseignements que l'on lui avait donné pourtant aujourd'hui seule une chose lui restait en tête : les pires démons étaient ceux qui naissaient de l'esprit. On lui avait appris à se battre et à tuer mais jamais à en subit les conséquences, après chaque combat il revoyait ceux qui avait péri sous sa main, chaque nuit tous venaient hanter son esprit, chaque fois qu'il voyait son ombre ou son reflet il n'y voyait qu'un meurtrier, petit à petit son esprit sombrait dans la folie.

    De nombreuses questions revenaient également le hanter : Suivait-il une noble cause ? Toutes ces morts étaient-elles justifiées ? Avaient-ils une famille ? Quels auraient été leurs avenirs si le destin ne les avait pas fait croiser son arc ? Elles le hantaient autant que les potentielles réponses nées de son imagination.

    Ses camarades voyaient bien son malheur et avaient tenté de lui parler mais à chaque fois il avait discutablement mimé la joie du mieux qu'il l'avait pu et tut la raison de ses tourments, restant dans l'ignorance, aucun de ses compagnons n'avait su trouver les mots, pourtant leur inquiétude commune n'avait cessé de croitre en même temps que la solitude du jeune homme qui s'était peu à peu refermé sur lui-même.

    Le jeune homme brossait son cheval cheval, encore dans ses pensées perdu au plus profond de ses rêveries quand le son grave d'une corne l'arracha à son calvaire spirituel pour le ramener à la réalité, c'était le signal du départ, dans l'heure qui allait suivre Uldin allait encore tuer et s'il avait apprit quelque chose durant les batailles c'était que tuer revenait à se tuer un peu soit-même, pendant la s'il ne mourrait pas totalement une partie de lui allait mourir tout de même et le doute l'habitait, valait-il mieux n'être qu'à moitié vivant ou totalement mort ? S'il laissait s'échapper son dernier soupir il retrouverait la paix aux côtés des autres guerriers parmi les étoiles.

    La garçon attrapa ses armes, enfourcha sa monture et suivit le mouvement au galop, si l'habileté de l'armée qu'il servait n'avait plus rien à prouver et serait arrivé à bout d'un bon nombre d'armées dans le monde, la vitesse et la surprise réduisaient considérablement les pertes et leur chef souhaitait avoir le plus grand nombre d'hommes à ses côtés pour défaire l'armée de l'Empire.

    Après plusieurs dizaines de minutes de course, la masse ralentit, encore en plein milieu d'une forêt à la teinte orange de l'automne, pourtant Uldin arrivait à distinguer une légère fumée qui s'élevait sans pour autant en apercevoir la source. Il connaissait déjà la suite du programme, les archers chargés d'assumer l'entrée de l'armée dans le village allaient approcher le village cible à pied, abattre les sentinelles qui avaient la responsabilité de la porte et donner le signal, ensuite la cavalerie s'engouffrerait dans le village et en décimerait la population, le pillerait et partirait se cacher avant d'attaquer le prochain dans les jours qui suivraient.

    Lorsque l'armée fut totalement arrêtée, il fallut attendre plusieurs longues minutes avant que finalement la corne ne sonne, les cavaliers poussèrent alors de grands cris de guerre et chargèrent, Uldin suivit la foule et aperçut soudain la sources de la fumée qu'il avait aperçu plus tôt, un petit village muni d'une palissade à l'efficacité discutable dans lequel pénétrait déjà une masse impressionnante de guerriers équestres et d'où provenait déjà de nombreux cris de terreur.

    À son tour le jeune homme traversa les larges portes du village et chercha quoi faire, le chaos régnait sur le village et ses camarades l'ayant précédé semblaient avoir déjà massacré l'ensemble de la population, de nombreux corps jonchant le sol, il aperçut cependant un soldat sur un toit, une simple épée à la main et qui ne semblait savoir quoi faire, la panique se lisait dans ses yeux, Uldin attrapa alors son arc, le banda et tira, sa flèche fila et alla directement se planter dans l'épaule gauche du soldat qui bascula en arrière sous le choc et tomba du toit, allant s'écraser sur contre le sol de l'autre côté de la maison.

    Le jeune archer abandonna sa victime cherchant une nouvelle cible des yeux mais ne vit personne, de nombreux cavaliers commençaient déjà à quitter les lieux tandis que d'autres pillaient les maisons tout en enflammant celles qu'ils venaient de dépouiller de tout ce qu'ils considéraient comme utiles. Voyant ce triste spectacle, le jeune homme préféra aller voir ce qu'il était advenu de sa victime, il alla donc à l'arrière de la maison et vit l'homme gémissant sous la douleur de sa blessure, Uldin mit pied à terre pour rejoindre le soldat, en se baissant au dessus de lui il vit que sa flèche n'avait raté le cœur que d'un pouce à peine mais que plus rien n'empêcherait le soldat de trépasser, pourtant le jeune homme n'arrivait pas à se résoudre à mettre un terme aux souffrances du mourant.

    Quelqu'un s'approcha doucement derrière le jeune homme, il s'agissait d'un cavalier qui avait également laissé sa monture , lorsqu'il arriva à la hauteur du blessé, il brandit son épée et l'abattit sur le crâne du soldat, puis il regarda le jeune homme de ses yeux gris et lui dit d'une voix emplie de tristesse :

    "Ainsi tu n'auras pas à en être le bourreau."

    L'homme était grand et musclé, son visage était dur et ses traits marqués par le temps, il avait également des cheveux longs mais pas attachés et qui étaient accompagnés, comme sa longue barbe, de nombreux poils gris qui trahissaient son âge avancé, il devait avoir une cinquantaine d'années. L'homme se retourna et fit quelques pas avant de s'arrêter et dire :

    "Le chef aimera sûrement savoir ce qui a retenu ta lame, va le voir une fois au campement."

    Il avait dit cela d'une voix douce mais autoritaire avant de reprendre sa monture pour partir, cette voix avait glacé le sang du jeune homme qui pensa soudainement au chef de l'armée. Sorti de ses pensées par les crépitements venant de la maison dus aux flammes qui la consumaient, il fila vers sa monture et rejoignit la foule de cavaliers qui commençaient déjà à partir.

    Sur le chemin du retour il repensa à cette voix glaciale puis au chef qu'elle avait cité, Uldin savait que l'armée qu'il servait était guidée par un puissant chef mais jamais il ne l'avait vu, il ne savait même pas son nom, personne n'osait le prononcer, on racontait que les dieux eux-même craignaient ce nom et celui qui le portait et beaucoup disaient qu'aucun mortel n'était digne de le prononcer.

    Une fois le nouveau campement installé, sa curiosité partagée avec l'acceptation de l'ordre ou du conseil, il ne savait pas trop de quoi il s'agissait, de l'homme à la vox glaciale le poussèrent à aller voir ce fameux chef, plus il avançait au milieu des tentes plus la peur montait en lui, qui était ce guerrier pour avoir fait naître autant de légendes autours de lui ?

    Finalement il arriva devant une immense tente de guerre blanche et marron, elle dominait le nouveau camp et l'entrée était surveillée par deux guerriers qui le dévisageaient, réussissant difficilement à combattre sa panique il déclara d'une voix hésitante :

    "On m'a fortement suggéré tout à l'heure de rendre visite à notre puissant chef de guerre !"

    Le garde de droite le fixa avant de lui demander d'une voix grave :

    "Tu es Uldin c'est ça ?"

    Le jeune homme tressaillit en entendant son prénom prononcé par un garde personnel du grand chef mais réussit finalement après quelques secondes à acquiescer.

    Le garde passa alors la tête dans la tente pour annoncer le jeune mongol avant qu'une voix puissante mais mélodieuse ordonna :

    "Qu'il entre !"

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  • Extrait de l'évangile d'Octave :



    5Lorsque j'eusse levé les yeux vers le ciel je vis Phœbus qui tenais une lyre mais ne jouait qu'une musique triste et macabre, Mars qui avait revêtu sa plus belle armure, Minerve qui semblait s'être terrée au plus profond de sa pensée, Pluton aux côtés de son frère Jupiter qui avait à sa droite son deuxième frère, Neptune, qui tenait fièrement son trident, le dernier de ces sept êtres était Vulcain qui tenait une enclume de sa seule main droite et un marteau dans l'autre.

    6Tous les sept avaient une mine grave et descendaient des cieux pour s'approcher de moi, ils flottaient dans les airs tels des oiseaux magnifiques et lumineux mais étaient immobiles, leur déplacement était pur et des larmes coulèrent sur mes joues sans que j'eusse pu les retenir.

    7Une voix grave mais belle et aussi pure que le plus brillant des diamants résonna dans le ciel, elle venait de Jupiter et elle disait :

    8"Toi, Octave, qui a su résister à la tentation des plaisirs de t'offrait Bacchus, qui s'est abstint de jouir de la vie qu'aurait pu t'apporter Junon puis Vesta, toi, Octave, qui a vécu dans la solitude, nous allons t'offrir un savoir, mais tu auras pour devoir de le répandre sur toutes les terres que toi et les mortels de ton peuple ont vu."

    9"Octave, ton peuple nous a longtemps prié et a répandu le culte de notre panthéon, inculquant la seule vérité divine aux barbares qui en étaient privés. Sache qu'aujourd'hui Mercurre nous a averti qu'un grand danger menaçait ce monde, un grand danger venant des plaines sauvages de l'Est, Mars et Minerve accompagneront vos armées pour défaire ce cavalier donc le désir n'est que de semer l'apocalypse."



    Chapitre 3 - Versets 6 à 9

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  • Ahn'Kon marchait le long du Nil, la tête haute et le visage fier, à ses côtés se tenaient les quelques autres lieutenants du chef de l'armée, un grand guerrier nommé Akhouthotep, qu'ils suivaient, et derrière eux se dressait une grande armée de quelques milliers de soldats, beaucoup n'étaient que des esclaves mais il y avait aussi quelques soldats venus libérer l'Egypte de leur plein gré, il n'y avait aucun cavalier, l'armée équestre se rassemblait au Nord et Akhouthotep devait partir du Sud et les rejoindre en libérant toutes les villes sur son passage. Les deux armées devaient se retrouver devant Memphis pour libérer la ville, la première grande libération , puis ensuite les deux armées jointes remonteraient vers Alexandrie et seulement ensuite, une fois toute l'Egypte libérée, les dirigeants réfléchiraient à la suite.

    Depuis la réunion secrète où s'était décidé ce que ferait le peuple égyptien, de nombreux officiers romains avaient été assassinés, pourtant l'Empire n'avait pas cru bon de grossir ses garnisons, même si beaucoup de Romains ne se promenaient plus seuls ou en petits groupes au milieu des Egyptiens, ils ne sortaient plus que par groupe d'une dizaine au minimum et leur crainte pouvait être sentie par tous ceux qu'ils croisaient.

    Pour le moment Akhouthotep et l'armée n'avait libéré que trois grosses cités, pourtant chaque fois les soldats romains s'étaient cloitrés dans leurs forts et avaient laissé l'armée prendre les cités sans les défendre, lors de la dernière prise il y avait même une partie de la garnison qui avait fui vers le Nord.

    Ahn'Kon trouvait cette lâcheté déplorable, lui était prêt à mourir pour son pays, et il savait que ni lui ni aucun autre chef de l'armée ne tolèrerait que des soldats fuient ou manquent à leur devoir, pour le jeune homme la libération du glorieux empire égyptien méritait tous les sacrifices, il marchait droit vers Memphis guidé par cette passion.

    Quand ils arrivèrent en vue de la grande cité, capitale du premier empire, c'était au petit matin, l'armée monta alors un camp de fortune pour se reposer, après avoir marché toute la nuit et toute la veille, les chefs avaient estimé préférable de se reposer et de n'attaquer que le lendemain, tous avaient besoin de repos.

    Ahn'Kon, qui montait la garde en fin de nuit, trouvait étrange que leurs ennemis ne tente rien dans la nuit, il s'attendait tellement à une attaque surprise qu'il n'avait lâché son épée depuis son réveil.

    Lorsque les premiers rayons du soleil vinrent caresser le visage du jeune homme, il partit en quête d'Akhouthotep qu'il espérait trouver éveillé, quand il trouva enfin ce dernier, le chef parlait avec un jeune homme qui ne semblait pas être un soldat, finalement quand le jeune homme arriva jusqu'à eux, le chef de l'armée congédia l'inconnu et déclara à son lieutenant :

    "Les cavaliers d'Amasis sont de l'autre côté de la ville, ils attaqueront avec nous !"

    Petit à petit le camp se réveilla et au bout d'une heure tous étaient debout et prêts au combat, alors le général se mit devant, ses lieutenants à ses côtés, et avança vers la ville, ses troupes derrière lui.

    De loin la ville semblait endormie et vide, mais à mesure qu'ils se rapprochaient, Ahn'Kon voyait ici et là des Egyptiens courir vers des maisons et des soldats romains qui tentaient de se cacher, sûrement pour surprendre l'envahisseur, il se tourna vers son chef pour le prévenir mais vit à son regard que ce dernier avait déjà remarqué les tuniques rouges vainement cachées dans la ville.

    Profitant du temps qu'ils avaient avant d'atteindre la ville le chef expliqua à ses lieutenants que les Romains les attendaient en embuscade dans la ville, divisa l'armée en sept pour que chacun d'eux prenne le commandement d'un régiment et qu'ils attaquent la ville par plusieurs côtés.

    Ahn'Kon prit la tête de ses troupes et les fit marcher vers l'Est pour contourner la ville puis, arrivé à une entrée qui lui convenait il entra dans la ville avec ses hommes.

    En passant les premières habitations tout semblait calme, ils n'entendaient que les bruits des combat qu'avaient engagé Akhouthotep puis finalement des cris de guerres retentirent partout autours d'eux et des soldats romains jaillirent de tout part, ce fut le chaos.

    Ahn'Kon frappa tous les soldats vêtu de rouge qui croisait son chemin sans jamais retenir son bras ou sa lame, le sang coulait à flot, le sol tout entier prenait une teinte rougeâtre et le visage du jeune homme était couvert d'un liquide qui avait cette même couleur, il était de sang mais il n'y avait pas une goutte du sien.

    Il s'arrêtait par moment pour regarder autours de lui et plus le temps passait plus ses troupes prenaient le dessus sur l'ennemi, ce n'était pas la seule évolution, ses bras commençaient à le faire souffrir, et ils étaient douloureux et lourds.

    La bataille était gagnée, plus rien ne l'en empêcherait et quand Ahn'Kon pensait enfin que les combats allaient cesser, une douleur lui foudroya la poitrine, une douleur si intense qu'il poussa un cri en lâchant son épée, quand il baissa les yeux vers la source de la douleur il vit une lame qui sortait de son torse, il n'eut pas le temps de se retourner que le monde se mit à tourner sous ses pieds, ses yeux devinrent lourds et il s'effondra dans une obscurité froide et effrayante.

    Éditeur et Rédacteur chez Frigo Hebdo :rep01:
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    Je veux garder les pieds sur Terre, tout en ayant la tête dans les étoiles.

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